Pour faciliter la communication entre les étudiants algériens préparant un magistère et les doctorants titulaires d'un magistère et tous les diplômés du système classique

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Jusqu'à quand l'irresponsabilité des dirigeants algériens ?!!!!!

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KO


Après que le MESRS a bien mis en exécution son stratagème de destruction de l'université algérienne, il décide un jour sous la pression estudiantine de réparer ces dégâts en faisant participer la classe estudiantine dans la restauration de cette université.Oui, les dégâts sont colossaux et compliqués mais nous pouvons toujours compter sur l'irresponsabilité de nos dirigeants, pourquoi ?, parce qu'ils trouvent un malin plaisir à détruire notre avenir et anéantir nos projets. Dans quel but? et bien pour qu'on reste bêtes,stupides et inconscients comme eux. En ont-ils le droit? NON. Je trouve que c'est inadmissible et immoral qu'après tous les échecs provoqués par le MESRS, maintenant elle se lave les mains de toute conséquence fâcheuse et constat alarmant et incombe les étudiants (qui n'ont pas que ça à faire et sourtout que ce n'est pas leur job) à régler le problème des équivalences et j'en passe.... Comment ce ministère peut être aussi irresponsable, je vous donne un exemple,supprimer gratuitement les concours de magistère (qui ne sont pas offerts) pour les étudiants de l'ancien système, et je rappelle sont de la dernière promotion des étudiants qui n'ont jamais refait d'années, donc pourquoi les priver de ce droit? pendant ce temps là on décide de mettre en place un M1 et M2 pour les gens de l'ancien système pour leur fermer leurs gueules. Donc l'ancien système intègre irrémédiablement le nouveau système, et comme ça tout le monde est satisfait. Enfin presque tout le monde, il y a des étudiants qui refusent d'être en LMD (chose logique) et d'autres qui se battent pour continuer leurs études en M1 ou M2 coute que coute mais dans les deux situations, l'étudiant aura l'impression de perdre une année précieuse à cause des démarches illogiques de ce ministère. Et puis après les contestations incessantes des étudiants, le ministère décide de reconduire le concours de magistère pour l'année prochaine, comment peut-on définir cet acte ? et bien ils font que jouer avec notre avenir comme avec des pions.
Pourquoi le ministère se braque devant les problèmes qui lui même a créés, ce n'est pas le rôle des étudiants de faire le boulot des gens du ministère c'est à eux de trouver des solutions au lieu de mettre la pression aux étudiants avec un délai et des consignes à respecter. Pourquoi tenter de recoller les morceaux quand on sait que c'est le minstère qui aura le dernier mot et c'est lui qui décidera de tout ?, c'est comme tenter de parler à un sourd. Là aussi le minstère a tout calculé, il fait que gagner du temps comme d'habitude pour donner le coup de grâce à notre université. Comment ne pas parler de politique quand l'université algérienne s'est politisée et est au coeur de la politique comme d'ailleurs plein d'autres secteurs, comment peut-on battre des étudiants qui cherchent à regagner leurs droits de manière pacifique, dans un état qui se dit (soit disant)être contre le terrorisme, la violence et l'oppression et qui reste dans l'impunité. Le ministère est en train de nous manipuler, on doit dire stop à cette machination et d'utiliser les grands moyens.

2 concordances le Sam 5 Mar 2011 - 17:04

sou


Bonjour
Oui il est vrai qu'il y a des personnes dont le travail consiste a s'occuper de ça mais ils nous ont bien montré qu'ils étaient capables d'aberrations.
Alors pourquoi ne pas leur demander de travailler sur une plateforme qu'il nous présenterons et qui ne sera appliquée qu'après notre accord.
Car si on leur demande de s'occuper de rectifier leurs erreurs il n'y aura peut être qu'une rectification partielle.

A++

16-NEO2005


dans un pays qui se respecte, quand on faute on démissionne
Michelle A.M l'a fait récemment (elle a monté dans un avion appartenant à un homme d'affaire tunisien )
un ministre en Allemagne l'a fait aussi pour moins que ça (il a fais une thèse de doctorat en copiant des texte qui ne sont pas sa propriété)
mais hna un ministre joue avec le grade de quelque 2-3 millions d’étudiants et haut cadre d’état et il s'en fiche pas mal



Dernière édition par 16-NEO2005 le Dim 6 Mar 2011 - 18:51, édité 1 fois

KO


Vous sentez-vous prêts à faire de la politique, vous qui êtes à un rang au-dessus, de décider quelle équivalence doit être donnée à tel ou tel diplôme? Etes-vous en mesure de trancher et de faire le bon choix sachant que vous êtes qu'intermédiaires, et que la décision finale n'est pas à votre portée? Comment pouvez-vous être si naïfs après tout ce qu'on vous a fait enduré avec cette tutelle qui ne voulait même pas vous considérer, ni même entendre parler de vous? Vous faites encore confiance au MESRS, ne voyez-vous pas la manipulation qu'il y a derrière, vous croyez que le ministère a capitulé?, et bien vous vous trompez. Il ne fait que vous détourner de vos vraies revendications et de vos réels besoins. Dites leur dans quelles conditions vous travaillez, avec quels moyens vous menez vos recherches, dans quels conditions déplorables se déroule votre cursus. Il n'y a qu'à voir ces labos que moi j'appelle des "pseudo-labos", avec aucun matériel fiable et récent, aucun financement pour la progression des recherches, aucune dynamique de recherche dans un "soit disant groupe de recherche", aucun suivi des encadreurs, les étudiants sont livrés à eux mêmes, les profs s'en foutent puique eux ils ont ce "fameux doctorat", donc pourquoi lever le petit doigt pour les gens qui veulent aussi accéder au même grade qu'eux, non il y a dans tout ça de l'hypocrisie au sein même du corps enseignant, et dans l'administration de chaque faculté. Comment on peut rester muets devant tous ces obstacles et dire que le problème est ailleurs, oui mais le probème est universel, car on vous mets les bâtons dans les roues à chaque étape décisive de votre cursus. Moi je dis que le ministère est responsable de tout ces échecs et lui seul doit les assumer et les réparer au plus vite, car il se trouve que c'est leur boulot. N'oubliez pas que c'est nous les victimes dans l'histoire.......

5 tt a fait dac le Dim 6 Mar 2011 - 21:19

ahmed


merci à toi je suis dac avec tes avis

KO


L'Algérie a importé le système LMD de l'étranger, donc elle a copié un système qui est déjà bien anachronique là bas, mais quand on copie, mieux vaut le faire bien sinon ce n'est pas la peine. Pourquoi à l'étranger ils n'ont ce problème d'équivalence et etc....?, Quand on est novice dans la chose on ne s'aventure pas et on ne teste pas sur des cobayes si oui ou non ce système réussira. Et vous savez ce que je trouve moi de sidérant, c'est qu'on a plus de chance de réussir à l'étranger que dans notre pays. A l'étranger, ils appliquent le système LMD par exemple avec un ingéniorat vous pouvez accéder à la post-graduation, comme bon vous semble, soit en M1 ou en M2 et tout cela sans aucun concours, en fait c'est tout comme ce que nous appelons le magistère mais sans le concours,c'est une première année théorique+mémoire et la deuxième année est consacrée pleinement au mémoire, et puis si vous désirez passer au troisième cycle et de faire une thèse de doctorat, pour enseigner par exemple, il suffit juste d'une inscription. Mais chez nous c'est tellement compliqué qu'on a l'impression de demander la lune. Mais chez nous, on est chassé de l'université juste après avoir terminer la graduation. Tout est semé d'embuches, une personne qui a un magistère doit automatiquement, si elle le désire, accéder au troisième cycle, après 7 ans (au minimum) d'études c'est la moindre des choses. Et je ne parle pas aussi des doctorants qui peinent à soutenir à cause des multiples problèmes qu'ils rencontrent, on leur complique l'existence, il y a des gens qui sont depuis plus de 10 ans doctorants (au lieu de 3 ans) mais on ne leur autorise pas la soutenance, vous imaginez sacrifier toute une vie, 10 ans de cauchemar,c'est vraiment scandaleux normalement après 10 ans on est HDR, on aura publié des centaines d'articles,.... Mais en Algérie rien n'a de sens, on gâche la vie de millliers et de milliers de personnes, non, lui le ministère ne trouve pas qu'il y a un véritable problème à ce niveau là, pour lui tout est bien dans le meilleur des mondes......

imane.mt


Si vous permettez KO, j’aimerai juste apporter quelques remarques sur votre dernier post. Le M1 et le M2, à l’étranger comme chez nous, n’est pas considéré comme de la post-graduation et c’est tout sauf « comme du magistère » très chère, vous retombez dans l’erreur que nous essayons depuis le début de corriger. Et pour faire un doctorat, c’est beaucoup plus compliqué chez eux que chez nous ! oui, il faut être classé parmi les trois premiers d’une promo pour bénéficier d’un financement de thèse de doctorat (aboutissante) ou bien cravacher pour se débrouiller un financement, ce qui n’est pas chose aisée, croyez-moi. Non, une simple inscription ne suffirait pas.

Sinon, pour le reste, nous sommes tous au courant et conscients de ce dont souffre l’université algérienne. Citer les problèmes, nous n’arrêtons pas de la faire, mais il serait fort intéressant de penser à proposer des solutions ! Oui proposons des solutions, appliquer le système LMD chez nous à la lettre est finalement chose quasi-impossible, la preuve ce qui se passe en ce moment et la colère (légitime) qui a été provoquée par les étudiants du système classique lorsqu’on a essayé de placer le master et le doctorat dans la grille indiciaire.

Il faut aussi savoir qu’un système ne peut aboutir ou réussir en deux ou trois années de test, surtout lorsque les conditions matérielle mais surtout humaines ne sont pas rassemblées. Les écoles préparatoires par exemple vont droit à l’échec ! la plupart qui y adhère, que ce soit en tant qu’enseignants ou étudiants, décide d’abandonner en route. Le personnel de formation, qui est sensé être d’un certain niveau, dans des matières de base qu’il faut bien maîtriser, est réduit à un ensemble de vacataires qu’on n’arrive plus à caser à l’université, avec aucune expérience dans l’enseignement, ce qui est chose intolérable.

Le choix sélectif, c’est ce qu’il faut instaurer à l’université avec aucun traitement de faveur et aucun sentiment, si nous voulons que l’université en générale se porte mieux. Il est fait pour les étudiants, alors pourquoi ne pas le faire pour les enseignants ! Ce que je propose moi, pour les écoles préparatoires par exemple, c’est qu’on y consacre un statut à part, d’enseignants qualifiés et assez expérimentés dans leur domaine, et leur proposer des avantages assez intéressant pour les convaincre à quitter l’université et rejoindre les écoles préparatoires. Je suis peut être sortie du vif du sujet mais je trouve que le cas des écoles préparatoires (aux grandes écoles !) est un cas qui mériterait qu’on s’y attarde.

8 la gestion par l'absurd le Mar 8 Mar 2011 - 20:35

zid


Invité
La politique de l’éducation suivie par notre pays depuis l’indépendance est caractérisée par «l’à-peu-prisme» et la fuite en avant qui sont deux éléments tout à fait étrangers aux valeurs de logique, de rationalité, de synthèse et d’organisation planifiée qu’on apprend justement dans une école, qui respecte son étendard de lieu du savoir et de la connaissance universelle, que l’on transmet par conviction pour mieux préparer les apprenants à affronter les difficultés de leur temps et à aspirer à un mieux-être sur cette terre bénie d’Algérie.

Si on exclut volontiers la première décennie où l’effort à mener s’est cristallisé sur la construction des écoles et la formation des formateurs, il est grand temps de reconnaître que tout ce qui a été fait après n’est qu’une succession de recettes de charlatans qui, au mieux, ont permis d’embaucher des milliers de manœuvres dans ce vaste chantier où tous les membres du corps sont mis à contribution sauf la tête, qui a été sommée de se mettre au frigo dès l’admission, au pire, ont transformé les établissements scolaires et universitaires en entrepôts de conditionnement et de conservation ou en supergarderies, c’est selon. Ainsi, nous citerons à titre indicatif les plus zélés d’entre ces charlatans d’un nouveau genre qui ont donné un sérieux coup d’accélérateur à cette descente aux enfers. Le premier coup de grâce a été l’œuvre de Kherroubi and co, dont les hauts faits d’armes ont été l’arabisation musclée opérée et l’article 120 qui a été surtout érigé en son temps pour étêter et éloigner du champ de décision le peu de matières grises qu’avait notre pays à l’époque, dont le seul reproche avéré qu’on pouvait faire aux responsables incriminés était lié à leur maîtrise de la langue de Voltaire.

Le second des Mohicans est lui toujours aux commandes de ce train de l’éducation, qui n’arrête pas de siffler mais qui n’a jamais quitté la gare, il s’agit de l’indéboulonnable Benbouzid, ce ministre, décrié par tous et qui a été maintenu contre vents et marées est à même d’incarner cette gestion politicienne qui se gargarise de chiffres trompeurs alors que tous les indicateurs, notamment ceux des performances pédagogiques, sont précisément au rouge. Qui veut-on leurrer ? Les Algériens, l’Unesco, le monde qui nous entoure ? Nous ne savons pas trop. N’est-ce pas Benbouzid qui manipule à volonté les taux de réussite au bac avant même que l’examen n’ait lieu, prouvant à ses supérieurs qu’avec des taux de plus en plus élevés ces dernières années sa politique de l’approche par l’absurde a justement réussi ? C’est ce même ministre de la République qui, sans gêne aucune, fait une grosse coupe dans les programmes en disant, à qui veut l’entendre, que les épreuves ne porteront pas sur tel ou tel chapitre ? Quel sens, quel niveau, quelle reconnaissance donner à ce baccalauréat avec de telles inepties, sachant que les enseignants et surtout leurs élèves vont négliger de facto les parties amputées alors qu’elles sont essentielles dans la compréhension globale des phénomènes et ou des approches développées ? Il fut un temps où la mention assez bien au baccalauréat est synonyme de grandes capacités chez son détenteur.

Avec Benbouzid, on a appris à compter des milliers de mentions bien et très bien, alors que dans la réalité, certains de ces lauréats sont incapables de commenter une courbe (non mémorisée), de tirer les tendances d’un tableau de valeurs, de faire une synthèse d’un article, de rédiger convenablement et sans fautes en français, en arabe, en anglais ou en tamazight. Les résultats de leur scolarité, dès leur admission à l’université (ici et plus encore ailleurs), prouvent, si besoin est, que le souci de Benbouzid n’est point d’améliorer la qualité de l’enseignement et ses performances pédagogiques mais de s’éterniser au poste occupé, ad vitam aeternam. N’est-ce pas lui qui a déclaré vouloir «fermer l’université» en réponse à une grève de plusieurs mois du CNES, au lieu d’avoir l’humilité et la grandeur de démissionner de son poste, car incapable de répondre positivement aux préoccupations des enseignants de l’université à l’époque. Il est vrai que ce comportement, qui fait honneur à ses auteurs, ne fait pas partie des mœurs de nos dirigeants.

Il est utile de signaler que dans cette vaste déstructuration par réformette inappropriée opérée çà et là, nous n’omettrons pas de relever qu’il y a eu d’authentiques responsables qui ont voulu infléchir cette tendance, malheureusement, ils n’ont pas pu lutter ou imposer leurs idées à des décideurs qui ont toujours érigé le critère de la durabilité avec si possible une relative paix sociale comme élément capital d’une bonne gouvernance. Nous pouvons citer la sonnette d’alarme tirée par le défunt Lacheraf, quand il a eu l’honneur d’être sollicité aux commandes de l’Education et la petite contribution de Djebbar qui voulait, en créant un super ministère, amener les pouvoirs publics à avoir une politique de l’éducation cohérente et structurée qui repose sur l’apport concerté et responsable de ses différents paliers.

Qu’en est-il à l’université, où la souffrance, l’incompréhension et le dépit de sa composante malade est proportionnelle à la dose de «l’à-peu-prisme» que les ministres appelés à son chevet ont administrés comme traitement thérapeutique ? Si justement un bon médecin qui se respecte ne préconise un traitement qu’après avoir ausculté le malade et parfois après avoir pris connaissance de son bilan de santé, il n’est pas faux de dire que les ministres (y compris l’illustre Benbouzid) qui se sont succédé à la tête de ce département, ô combien important pour le développement d’un pays, ont procédé à des pseudo réformes sans qu’aucun audit ou état des lieux, même sommaire, n’ait été réalisé au préalable.

L’introduction du nouveau système d’enseignement LMD a été justement conduite en droite ligne par rapport à cette logique avec des mots d’ordre vaseux comme la mondialisation, la mobilité et… tutti quanti. Certains recteurs d’universités ont cautionné cette «mahzala», eux qui ont été chargés de la mission d’implanter et de généraliser ce système, advienne que pourra ! Le comble, c’est que les décideurs ainsi que les têtes pensantes de cette réforme étaient incapables d’avoir une vue au moins à moyen terme. Ils essayaient de régler les problèmes au fur et à mesure qu’ils apparaissaient. Même les textes d’application et les circulaires naissaient au jour le jour, si bien qu’on est arrivé, après presque une décennie d’application, à une situation inextricable, matérialisée par le décret présidentiel 10-315 du 13 décembre 2010 (qui fixe la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires), où on retrouve des systèmes d’équivalence qui n’ont jamais été discutés à la base et qui viennent d’être remis en cause, à juste titre, par cette base qui, aux yeux des décideurs, ne compte que pour du beurre la plupart du temps.

En effet, s’il faut reconnaître au président de la République le mérite de reconsidérer le statut des enseignants chercheurs et les réhabiliter pour crédibiliser un tant soit peu une échelle de valeur mondialement admise, il est grand temps de penser à décerner à Benbouzid, Amar Tou et Harraoubia des distinctions pour leur contribution à… la déstructuration réussie de l’Education et de l’Enseignement supérieur dans notre pays.

En effet, les résultats sont là, à la portée de tous :
1- le premier cycle est caractérisé, qu’on le veuille ou non, par le niveau de plus en plus faible des élèves qui obtiennent le baccalauréat (parfois avec des mentions remarquables) qui sont d’ailleurs recalés dès les premiers examens passés à l’université. Ce niveau se matérialise aussi bien par la non-maîtrise de l’expression écrite et parlée des langues mais aussi par le poids des méthodes suivies qui favorisent dans leur grande majorité la mémorisation au détriment de l’esprit de réflexion, de synthèse, de logique cartésienne et d’approches structurées. Les apprenants sont capables de réciter un cours de plusieurs pages, illustrations comprises, mais peinent à faire un raisonnement cohérent pour interpréter une observation ou disséquer et dénouer graduellement les données d’une problématique.

2-Au second cycle (à l’université), on a réussi la performance de subdiviser les étudiants en deux collèges : le premier est réservé à ceux qui sont inscrits en LMD. Les bénéficiaires ont tous les égards. Ils bénéficient des moyens et de l’attention de la tutelle et en plus ils ne doivent pas trop se fatiguer pour arriver après seulement 5 années d’études à s’inscrire en doctorat. D’ailleurs, ils ne sont pas tenus de s’arrêter après la licence, car on leur a promis une inscription de fait en master. Résultat des comptes, au lieu de favoriser l’émergence de diplômes intermédiaires pour éponger les demandes du secteur de l’emploi qui sollicite plus de cadres moyens que de docteurs, on va asphyxier davantage l’université, où on va compter de plus en plus d’entrants et peu de sortants. Le second collège comprend les étudiants inscrits dans l’ancien système. Ces enfants de l’Algérie éternelle, à qui on est tout près de reprocher d’avoir contracté la gale, sont abandonnés à leur triste sort. Ils sont éjectés des préoccupations des décideurs, y compris dans l’octroi de bourses de post- graduation (qui sont attribuées exclusivement ces dernières années aux titulaires de licences et de masters). N’est-ce pas une injustice criante qui est commise quand on sait que dans ce lot émargent des étudiants très méritants qui aspirent à approfondir leurs études en préparant des thèses de doctorat ? En vérité, les textes qui sont sortis ces derniers temps portant sur le gel d’ouverture des magistères ainsi que la mouture relevée dans le décret présidentiel sus-cité ne sont en fait qu’une suite logique de cette volonté de sacrifier des générations de cadres, pour seulement assouvir les désirs politiques de quelques politiciens de bas étage.

3- Dans le troisième cycle (post-graduation), la situation n’est guère plus reluisante. Jugez-en : l’université compte actuellement trois formes de doctorat : le doctorat d’Etat, le doctorat nouveau régime et le doctorat 3e cycle (spécialement pour les inscrits en LMD). Dans ces trois formes, les situations relevées par les inscrits ou leurs encadreurs sont burlesques. La cacophonie est générale, la gestion des cas et des questions soulevées se fait au jour le jour. Il n’y a ni moyen terme, ni «sidi zekri». Cette «tchoukchouka» indigeste est une copie conforme des équivalences remises en cause aussi bien par les étudiants en ingéniorat que ceux inscrits en magistère. Par contre, les inscrits en doctorat formulent cette gentille question à l’adresse du ministre : par quelle baguette magique les doctorants qui ont de la peine à faire aboutir leurs travaux pendant 10 années pourraient le faire aujourd’hui en trois ans ? Il est utile que les stratèges de cette architecture unique au monde (l’Algérie a l’habitude de se singulariser dans l’idiotie) proposent aux uns et aux autres des recettes magiques avant que le vent de contestation ne touche ce dernier maillon de la chaîne.

Ces indicateurs ne sont d’ailleurs pris qu’à titre illustratif, car on peut aisément en faire des développements sur des centaines de pages pour mettre à nu ces échecs répétés d’une politique désastreuse qui, le moins que l’on puisse dire, est qu’elle a été menée en autarcie, parfois à contre-courant des synthèses faites par les connaisseurs tant au niveau des collèges et lycées qu’au niveau des universités. Le problème est que la facture est lourde. L’Etat consent beaucoup d’argent, mais les résultats sont à l’inverse de ceux souhaités. A ce titre, ceux qui disent que les diplômes des années 1970 reflètent un niveau nettement supérieur à ceux d’aujourd’hui (40 ans après avec des budgets relatifs beaucoup plus conséquents) sont-ils dans l’erreur ? Nous laissons le soin à chacun(e) de répondre à cette question et méditer ces repères travestis et pollués par des concepts tels que l’école fondamentale, la démocratisation de l’enseignement, les places pédagogiques… Aujourd’hui, on veut opposer deux catégories d’étudiants : les inscrits du LMD aux autres étudiants, comme hier on a essayé d’opposer les arabisés aux francisés. Ce sont les facettes d’une même médaille qui s’appelle : gestion par l’absurde.

Notre jeunesse, qui croit malgré tout aux études, doit se hisser aux aspirations de l’heure et doit se sentir concernée par cette demande de changement d’hommes et de méthodes de gestion, où la planification, la concertation, la transparence, la non-exclusion, l’encouragement de la pratique démocratique par la participation de la base aux questions sensibles, l’organisation du travail avec échéanciers, l’établissement de règles admises par tous et enfin la présentation et la discussion des bilans de gestion sont autant d’éléments qui peuvent être revendiqués à juste titre. Leur prise en compte aujourd’hui ou demain est de nature à redonner espoir à ces milliers de jeunes qui ont perdu confiance en leur pays qui, paradoxalement, est l’un des rares au monde à pouvoir satisfaire leurs besoins, si, bien évidemment, une gouvernance effective au service du pays se met en place. S’il n’est pas interdit de rêver en des lendemains meilleurs, qui passent par une éducation bien assise et de qualité, il serait plus indiqué de croire que les changements font suite à une volonté de l’homme qui doit forcer le destin pour aspirer à mieux. La conviction et la volonté de faire font voler en éclats les obstacles de toute sorte et font barrage aux pratiques séculaires héritées de l’âge de la pierre.[/justify]

@zid


Invité
Pour information, c'est un article apparu le 3 mars sur El Watan.

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